Visual Merchandiser, pas de place pour le hasard

Un parcours client réussi est avant tout le fruit d’un marketing de bon goût. Albane Aubert, spécialiste visual merchandiser chez CROSS, nous raconte son métier avec passion et pragmatisme.

Peux-tu décrire ton métier en 5 mots-clés ?

Observer une situation et prendre du recul afin de mieux en pointer les forces et faiblesses.

Analyser les données et les recouper, croiser les résultats chiffrés avec les observations terrain (implantation, flux, contexte…).

Adapter la pose marchande selon différents paramètres : offre, cible, environnement, contexte, intentions marketing…

Créer et apporter des solutions avec logique et bon sens pour avoir la meilleure présentation.

Accompagner le client tout le long du projet pour qu’il puisse reproduire les bonnes pratiques mises en place.

 Pourquoi avoir choisi le métier de visual merchandiser ?

Après des études en Histoire des Arts, j’ai ressenti le besoin de mettre ma créativité au service d’un projet concret, d’être à la fois dans la réflexion et dans l’action. J’ai découvert le métier de visual merchandiser, qui alliait créativité, gymnastique logistique et des objectifs clairs. J’ai donc suivi la formation proposée par l’école La Fabrique.

Pourquoi as-tu choisi de travailler en agence ?

Travailler en agence offre l’avantage de pouvoir toucher des secteurs différents et variés. Cela ouvre sur des horizons multiples, tout en collaborant avec une seule et même équipe.

Quelles sont les grandes problématiques en visual merchandising ?

Quel que soit le secteur, le premier frein est généralement le manque de recul du client. Le travail du visual merchandiser est alors de lui apporter un nouveau regard, de dégager des angles de vue obstrués par son quotidien. Cela nécessite d’avoir une vision d’ensemble et une lecture analytique de toutes les données (CA, gestion des volumes, circulation client, contexte géographique). Et une part d’humain évidemment !

Au-delà de cette problématique commune, chaque cas est unique et doit être traité en tenant compte des besoins spécifiques à son secteur de vente.

Visual merchandiser

Quels sont les principaux « problèmes » qu’un visual merchandiser doit résoudre ?

La gestion des capacités marchandes et des stocks est un problème récurrent. Des taux de saturation trop élevés nuisent totalement à la visibilité en magasin ainsi qu’à la clarté de l’offre. Il faut alors revoir la logistique en amont et travailler une autre gestion des stocks.

-L’approche du merchandising de séduction, en vitrine par exemple, est un exercice parfois difficile à réaliser pour certains clients. Il nécessite un minimum de bases pour appliquer les fondamentaux qui rendront  une vitrine attractive et réussie. Il est primordial d’être à l’écoute des tendances et d’avoir une veille efficace.

Tu rentres d’un retail-tour à Londres : quelles sont les tendances que tu as pu observer ?

La sobriété semble être le maître-mot cette année. Les vitrines londoniennes de Noël ont opté pour moins de grandeur et de folie. L’univers musical rock est également très présent  dans les grands magasins (Selfridges et Debenhams) et à Carnaby Street, en écho au film The Bohemian Rhaspody.

A noter également, les corners grands magasins revêtent des airs de pop-up store, avec des mises en scène éphémères qui ne passent pas inaperçues, comme la collaboration de Grace Coddington avec Louis Vuitton chez Selfridges, ou l’espace éphémère Gucci dans la thématique rock du magasin.

Uniqlo joue aussi des mêmes codes en offrant au client un accès direct à son Heatech Lab sur deux niveaux de son Flagship d’Oxford Street.

Selon toi, quelle marque s’illustre par son visual merchandising ?

En prêt-à-porter, l’enseigne Anthropologie reste une référence. Elle réussit à allier tous les ingrédients d’une expérience réussie : la mise en place des produits respecte des règles de présentation très ordonnées, l’espace sait rester chaleureux et l’enseigne offre une expérience magasin plus qu’un simple acte d’achat.

Leur merchandising de séduction en vitrine ramène à des valeurs plus profondes, avec des décors et des mises en scène toujours poétiques et féeriques réalisées à la main.

Peux-tu compléter la phrase : Un bon visual merchandising commence par …..

…une observation analytique des paramètres et une prise de recul suffisante pour avoir une bonne vue d’ensemble.